Corporate Finance & Insolvency Litigation – European Account Preservation Order – New Luxembourg provision of the New Code of civil procedure

Corporate Finance & Insolvency Litigation – European Account Preservation Order – New Luxembourg provision of the New Code of civil procedure

Posted on 17/09/2018

European Account Preservation Order – New Luxembourg provision of the New Code of civil procedure

The law of 18 July 2018 introducing a new provision in the New Code of civil procedure, Article 718-1 of the New Code of civil procedure, relating to the conversion of the European Account Preservation Order (EAPO) issued on the basis of the Regulation (EU) N° 655/2014 of the European Parliament and of the Council of 15 May 2014 (the “Regulation”) into an enforceable attachment of the bank accounts, was published in the Luxembourg Official Journal on 31 July 2018 and entered into force on 4 August 2018 (the “New Luxembourg Law”).

Since 18 January 2017, the Regulation introduced the EAPO procedure, a uniform procedure across the participating Member States of the European Union to facilitate cross-border debt recovery in civil and commercial matters.

The purpose of the Regulation was to create a conservatory measure in favor of a creditor which prevents the subsequent enforcement of his claim from being jeopardised through the transfer or withdrawal of funds, as an alternative to preservation measures under national law. The EAPO enables a creditor to attach the bank accounts of a debtor across twenty-six Member States.

The Regulation has however not regulated the recovery per se of the claim, namely the right of the creditor to obtain payment of his claim directly from the bank. According to the Regulation, the EAPO is enforced according to the procedure applicable to the enforcement of equivalent national orders in the Member State of enforcement.

The current Luxembourg law provisions governing the existing attachment proceedings (saisie-arrêt) do not, however, clearly distinguish between these two phases (conservatory phase and enforcement stage), and, consequently, could not be applicable to the enforcement of the EAPO.

The New Luxembourg Law therefore introduced into national law a specific enforcement procedure, which is solely applicable to the EAPO.

According to Article 718-1 of the New Code of civil procedure, once the creditor obtains an enforceable title recognising his claim, he will be allowed under specific conditions to serve on the bank and the debtor a conversion act (acte de conversion, the “Conversion Act”) which will lead to the immediate allocation of the attached funds to the creditor.

Within fifteen days from the service of the Conversion Act by the bailiff, the debtor can challenge the Conversion Act by seizing by way of a writ of summons the President of the competent Luxembourg District Court on the following three limited grounds: (i) the inaccuracy of the amount due, (ii) the disappearance (disparition) or amendment of the enforceable title, which allows the Conversion Act or (iii) inter alia, the amendment or revocation of the EAPO. The challenge of the Conversion Act (la contestation de l’acte de conversion) must be served on the creditor, the bank and the bailiff who served the Conversion Act. The decision of the President of the Luxembourg District Court is final and conclusive.


Ordonnance européenne de saisie conservatoire des comptes bancaires – Introduction d’un nouvel article dans le Nouveau Code de procédure civile luxembourgeois

La loi du 18 juillet 2018, introduisant une nouvelle disposition dans le Nouveau Code de procédure civile, l’article 718-1 du Nouveau Code de procédure civile relatif à la conversion de l’ordonnance européenne de saisie conservatoire des comptes bancaires (OESC) émise sur base du Règlement (UE) N° 655/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 (le « Règlement ») en saisie exécutoire des comptes bancaires, a été publiée au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg le 31 juillet 2018 et est entrée en vigueur en date du 4 août 2018 (la « Nouvelle Loi »).

Depuis le 18 janvier 2017, le Règlement a introduit la procédure d’OESC, une procédure uniforme au sein des Etats membres adhérents de l’Union européenne destinée à faciliter le recouvrement transfrontière des créances en matière civile et commerciale.

L’objectif du Règlement était de créer une mesure conservatoire en faveur du créancier qui empêche que le recouvrement ultérieur de sa créance ne soit mis en péril par le transfert ou le retrait de fonds, comme alternative aux mesures conservatoires existantes en droit national. L’OESC permet au créancier de saisir les comptes bancaires d’un débiteur dans vingt-six Etats membres.
Le Règlement n’a cependant pas régi le recouvrement à proprement dit de la créance, c’est-à-dire le droit du créancier d’obtenir le paiement de sa créance directement de la banque. Suivant le Règlement, l’OESC doit être exécutée conformément aux procédures applicables à l’exécution des ordonnances équivalentes sur le plan national dans l’Etat membre d’exécution.
Le droit luxembourgeois actuel régissant la procédure nationale de saisie-arrêt ne distingue cependant pas nettement entre les deux phases (la phase conservatoire et la phase exécutoire) et ne pouvait en conséquence être appliqué à l’exécution de l’OESC.

La Nouvelle Loi a donc instauré en droit luxembourgeois une procédure d’exécution spécifique uniquement applicable à l’OESC.

Il résulte ainsi de l’article 718-1 du Nouveau Code de procédure civile que le créancier qui obtient un titre exécutoire constatant l’existence de sa créance est autorisé, sous certaines conditions, à signifier à la banque tierce saisie ainsi qu’au débiteur un acte de conversion (l’« Acte de Conversion »), entrainant l’attribution immédiate de la créance saisie à son profit.

Dans un délai de quinze jours suivant la signification par huissier de l’Acte de Conversion, le débiteur peut contester l’Acte de Conversion en saisissant, par voie d’assignation, le Président du Tribunal d’arrondissement compétent, sur base des trois motifs suivants : i) l’inexactitude des sommes dues, (ii) la disparition ou la modification du titre exécutoire à l’origine de l’Acte de Conversion ou notamment (iii) la modification ou la révocation de l’OESC. La contestation de l’Acte de Conversion doit être signifiée au créancier, à la banque et à l’huissier ayant signifié l’Acte de Conversion. La décision rendue par le Président du Tribunal d’Arrondissement n’est pas susceptible de recours.